La SainteLyon

6 ans se sont écoulés depuis notre dernière Saintelyon. Cette course ne ressemble à aucune autre, moitié bitume moitié sentier, un peu plus de 2000 mètres de dénivelé pour 78 kms, ce qui est peu, ce qui signifie donc qu’il faut beaucoup courir, dans des conditions souvent difficiles.

Et cette année, les conditions ont été particulièrement difficiles, une grande édition de la SaintéLyon ! Sous le signe de la boue ! Mais que de boue !! J’ai d’ailleurs beaucoup plaint les coureurs qui n’avaient pas de guêtres.

La saintéLyon, de la boue !

Et comme la boue ne suffit pas, il a fait très froid, il a aussi énormément plu durant quasiment toute la nuit, on s’est vraiment pris des sauts d’eau sur la tête.

Et ça ne suffit toujours pas ? Alors on va rajouter le brouillard, un brouillard tellement épais qu’on n’y voyait pas à deux mètres, tous les ingrédients étaient réunis pour une grande SaintéLyon ! On n’a vraiment pas été déçus.

Résumé en images de cette Saintelyon 2022

La nouveauté de cette année, c’est la présence de notre fils, c’est d’ailleurs à cause… non grâce à lui si on s’est inscrits Brice et moi. En décembre, soit on ne fait rien soit on participe à une autre course qui a lieu le même week end, et qui est magnifique, l’Hivernale des Templiers.

Mais cette année nous avions choisi de rempiler pour une troisième édition de la SaintéLyon. Arrivés directement de Pessac dans l’après midi, nous voilà tous les trois dans la célèbre halle Tony Garnier avec nos dossards.

L’organisation est top, tout va vite malgré la foule, et nous voilà dans le bus, direction Saint-Etienne. Il faut compter à peu près 3/4 d’heure de bus pour rallier Saint-Etienne. Il est à peine 19h quand on arrive dans le gymnase, l’attente va être longue jusqu’à minuit !

C’est vraiment le pire moment de la course. L’attente dans ce gymnase. Bien sûr on n’arrive pas à dormir, c’est difficile de lire aussi, alors on regarde les minutes s’écouler lentement sur la montre… On grignote, on retrouve des copains et des copines dans le gymnase, on essaie de se reposer, mais c’est impossible.

SaintéLyon – l’attente dans le gymnase

Arrive enfin le moment de sortir. Et là bizarrement, on n’a plus tellement envie de sortir 🙂 Il fait très froid, 2 degrés max. On part par vagues. L’attente dehors est interminable, on sort à 23h00, on ne partira pas avant 00h15. Quand le départ sonne enfin je suis plutôt contente, d’autant que je suis en forme en ce moment, donc j’attendais cette course avec impatience.

Comme d’habitude je découpe la course, en fonction des ravitaillements. Les trois premiers tronçons comportent chacun environ 500 mètres de dénivelé, le gros du dénivelé est concentré dans la première moitié de la course. Je ne vais pas parler du paysage, on ne voit rien, on est dans un brouillard à couper au couteau. Je cours avec Brice depuis le début. J’arrive en forme au ravito du 17ème, j’avais décidé de ne pas m’arrêter mais on fait une petite pause quand même.

Je suis toujours autant en forme arrivée à Sainte Catherine au 30ème.

Entre temps j’ai perdu Brice qui m’a doublée dans une descente bien glissante sans que je le vois. Je le retrouve au ravitaillement de Sainte Catherine. Seul les deux derniers ravitos sont couverts, les trois autres sont en plein air, autant dire qu’on ne s’attarde pas plus longtemps que nécessaire.

J’ai été en forme en fait durant toute la course. Aucun problème digestif, aucun coup de mou, rien, un truc de fou qui ne m’arrive quasiment jamais 🙂

La nuit a quand même été longue, je me suis demandée plusieurs fois ce que je faisais là, à patauger dans toute cette boue, à me prendre toute cette eau sur la tête.

Je n’ai pas beaucoup bu parce que l’eau dans les flasques étaient glacée. Mais j’ai mangé, avec appréhension au début et beaucoup plus facilement ensuite. Aux ravitos, je mangeais toujours la même chose, du cake, du fromage, du saucisson, avec un verre de soupe. Et ça passait nickel ! Je ne mangeais pas grand chose entre chaque ravito, je n’en ressentais pas forcément le besoin.

J’aurais bien aimé zapper les deux derniers ravitos, mais Brice n’était pas de cet avis, et il a même fallu que je l’arrache au dernier ravito, parce que je sentais bien qu’il était prêt à y passer deux heures, assis par terre à manger des tucs…

Brice n’a clairement pas fait la même course que moi, la faute à une trachéite qu’il traine depuis plus d’un mois. Autant dire que la course a été un peu difficile pour lui, pas d’énergie, grosse fatigue, d’où les arrêts prolongés aux ravitos, tous les ravitos….

Une fois la dernière grosse séance de boue passée, on se retrouve dans la ville, une dernière grosse côte, une dernière « petite » séance de boue dans le parc, et les rives du Rhône apparaissent.

Les points positifs à retirer de cette course

Le fait de s’entrainer sur du plat. Sur la SaintéLyon il faut énormément courir, ce n’est clairement pas un entrainement trail qu’il faut avoir, mais plutôt un entrainement bitume, et on fait ce qu’on peut dans la boue ! D’ailleurs beaucoup de coureurs font le choix de chaussures de route.

Les côtes ne sont vraiment pas méchantes, ça ne monte pas très raide (sauf une), et ça ne dure vraiment pas longtemps, le mieux quand ça monte est de trottiner doucement si on peut ou de marcher très vite, et ça passe bien.

C’est une course où il faut arriver avec un très très bon mental, parce que le froid, la boue, la pluie, le brouillard, le tout dans la nuit, c’est très compliqué si on n’est pas solide dans sa tête.

En tout cas, je signe volontiers pour l’année prochaine, à moins qu’on ne fasse l’Hivernale, à voir !

Le Montan’Aspe

35 kms, 2600 m de D+ dans les Pyrénées.

J’avais déjà tenté cette course l’année passée avec un abandon sur chute au milieu de la course.

Je savais que le terrain était très difficile, un fort ratio dénivelé/kms, et des descentes très techniques. Une course à priori pas du tout faite pour moi, et pourtant tout s’est très bien passé.

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Gotorlekuen Itzulia Trail

Saint Pée sur Nivelle, 42 kms 3000 mètres dénivelé

Pour tous ceux qui comme moi n’aiment pas courir idiot et qui ne parlent pas basque, cela signifie approximativement Le Tour des Redoutes. Nous allons donc courir sur les terres où se trouvent les Redoutes Napoléoniennes utilisées par l’armée du Maréchal Soult contre les troupes britanniques de Wellington en 1814.

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LES PYRÉNÉES

Au hasard d’un nouveau déménagement, nous voici désormais à Bordeaux. Etant donné que nous sommes toujours à la recherche de jolies collines à gravir, nous nous sommes naturellement tournés vers les Pyrénées, après des années à arpenter les Alpes, en courant ou à ski.

Nous avons testé les Pyrénées l’été et l’hiver.

Cauterets

A 3 heures de route de Bordeaux, ça passe encore pour un week end. Nous avons fait du skating au Pont d’Espagne. Le Pont d’Espagne est accessible en voiture depuis Cauterets. Il y a 36 kms de pistes, à noter quand même que le départ depuis le parking est plutôt raide, il faut pousser sur les bâtons avant d’arriver sur le plateau.

Plan des pistes de ski nordique

Font Romeu

Dans les Pyrénées orientales. J’ai adoré ! Des pistes de skating magnifiques, il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs, des paysages splendides ! Nous sommes partis du plateau de la Calme, accessible qu’en voiture depuis Font Romeu. Il y a 22 pistes de ski nordique, dont la Panoramique, 10 kms, qui porte très bien son nom. Je conseille aux personnes qui débutent les pistes vertes les Mouillères et les Petites Mouillères, 2 pistes très agréables dans la forêt pour se mettre en jambes. Il y a également des sentiers dédiés aux raquettes et piétons. Une très belle découverte.

Plan des pistes de ski nordique

La Rhune, sortie trail, randonnée, ou course

Une sortie incontournable au Pays Basque, le sommet se situe à 900 mètres à peu près. On est montés plusieurs fois, à chaque fois depuis Ascain, soit du village, soit du petit train. On peut également partir de Sare. Les parcours sont infinis, notre dernier faisait 26 kms pour 1800 mètres de D+ donc il y a de quoi bien s’amuser.

La Rhune

Gotorlekuen Itzalia Trail, 42 kms 3000 mètres dénivelé

Gotorlekuen Itzalia

Le Mondarrain

Au départ d’Espelette, autre magnifique village basque, randonnée de 21 kms et 1000 mètres de dénivelé. Un petit passage un peu technique dans des rochers à l’arrivée mais cela ne dure pas longtemps, et on est récompensés par une vue à couper le souffle arrivé en haut.

Laruns

Nous avons testé la station trail de l’Ossau à Laruns, à un peu moins de 3 heures de route de Bordeaux. Aucune comparaison avec le pays basque, c’est de la montagne, on y a trouvé de la neige à 2000 mètres d’altitude fin mai. Il y a de beaux circuits, pas toujours très bien balisés, même si c’est une station trail.

Nous sommes montés au lac de Montagnon 20 kms, 1500 mètres de dénivelé depuis Laruns

Et avons emprunté le circuit de l’Impératrice depuis Eaux-Bonnes, 19 kms, 1300 mètres de dénivelé.

Les Pyrénées espagnoles

Le Val d’Aran, et son petit village Vielha, station huppée des Pyrénées catalanes en Espagne, nous y avons fait un trail, 57 kms, 3100 mètres de dénivelé, dans le cadre d’une course « made by UTMB »

Des paysages grandioses, des passages très techniques, beaucoup de lacs, on y retourne en juillet 2022 pour un 100 kms cette fois-ci.

L’UTMB, du rêve au cauchemar

Au moment où j’écris ces quelques lignes nous venons de valider notre participation à l’UTMB 2022, 170 kms, 10 000 mètres de dénivelé.

Je me dis qu’il est plus que temps de tourner la page de l’UTMB 2021 et d’essayer de raconter « mes mésaventures » sur cette course.

C’est la première fois que j’ai autant de mal à raconter une course, n’ayant pas trop envie de revivre ces moments.

Cela fait maintenant plus de 6 mois il est temps de tourner la page.

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Trail des Mouflons

42 kms, 1400 mètres dénivelé, en Dordogne

Le trail ce n’est pas seulement du sport, c’est aussi une très belle façon de découvrir de nouveaux territoires, et depuis le temps que l’on court avec Brice, on a découvert énormément de belles régions, dans lesquelles nous ne serions pas forcément allés s’il n’y avait pas eu les courses. Au hasard et il n’y a pas d’ordre de préférence, l’Aubrac, la Corrèze, la Dordogne, la région lyonnaise, les Pyrénées, les Alpes, et j’en oublie certainement beaucoup.

Le fait d’avoir vécu en région parisienne, dans le sud, et maintenant à Bordeaux nous a également permis de quadriller ces différentes régions.

A chaque début d’année le même rituel se répète, choisir notre objectif principal, et choisir ensuite les courses pour s’y préparer. Pour les trails « courts », moins de 30 kilomètres, on essaie de ne pas trop s’éloigner de chez nous, histoire de ne pas faire 4 heures de route pour une course de 15 kms.

Cette année l’objectif principal est l’UTMB fin août, et pour s’y préparer nous sommes inscrits à :

  • Trail des Mouflons en février, 42 kms et 1400 mètres de dénivelé
  • Trail de Saint Pée sur Nivelle en mars, 42 kms et 2800 mètres de dénivelé
  • Ultra trail des Balcons d’Azur en avril, 80 kms et 3500 mètres de dénivelé
  • Triathlon de Lacanau en mai, format L (1900 mètres natation, 80 kms vélo, 21 kms Cap)
  • la CCC du Val d’Aran, en juillet, 100 kms, 6000 mètres de dénivelé

Nous voilà donc partis pour notre premier rendez-vous de l’année, dans le Périgord en ce mois de février. Pas de chance, alors qu’il a fait beau toute la semaine, le samedi est pluvieux, et le dimanche ne s’annonce pas très sec non plus. Il est vrai que lorsqu’on s’inscrit à une course en février, on s’attend quand même à un minimum de boue, on n’a pas été déçus.

Le Périgord est un territoire que l’on ne présente pas, c’est magnifique, des vieilles pierres, des fermes, des noyers, et surtout une région sauvage. Le départ et l’arrivée de la course se situent à Cherveix Cubas, petit village entre Périgueux et Brive.

Le paysage est à la hauteur de nos attentes, majestueux, un petit côté fantomatique parfois dans la brume et le givre. Il a plu durant la course, pas des trombes d’eau, mais suffisamment pour refroidir.

Trail des Mouflons

La première partie du parcours est facile, beaucoup de petites montées durant lesquelles il faut courir, suivies de descentes assez boueuses mais praticables. Beaucoup de passages dans les bois. Nous ne sommes que 150 partants, on se retrouve vite en petit comité, et comme d’habitude nous faisons un petit bout de chemin avec des coureurs et coureuses très sympas.

Le ratio kilomètres/dénivelé sur cette course est faible. On est dans le Périgord pas dans les Alpes. C’est toujours compliqué de dire ce qui est le plus facile, une course avec de longues montées (exemple les 1400 mètres en début de la CCC) ou des courses comme celles-ci où on ne fait que monter et descendre en permanence. Bizarrement je trouve que la réponse n’est pas facile à apporter. Dans les courses avec peu de dénivelé on court énormément, y compris dans les montées, alors qu’on ne court pas en montée dans les Alpes. Je pense tout simplement que cela dépend de chacun et du type d’entrainement que l’on a. Ce type de trail est plus adapté à notre entrainement girondin qui comporte 0 dénivelé.

Ça se corse néanmoins durant la deuxième moitié avec une belle montée dans la roche, une corde pour grimper, terrain très glissant. On mettra beaucoup plus de temps à parcourir les 20 derniers kilomètres que les 20 premiers, et pas uniquement à cause de la fatigue !

Trail des Mouflons, on ne sait plus où mettre les pieds !
Trail des Mouflons, des descentes parfois très glissantes

Il y avait 2 ravitaillements sur le parcours, au kilomètre 13 et 30. Très bien dans les 2 cas, du salé, du sucré, des bénévoles au top. La barrière horaire était située au 30ème kilomètre. Nous bouclons ces 42 kms en 5H50, avec de belles sensations du début à la fin.

L’Hivernale des Templiers

L’Astragale, 66 kms et 2500 mètres de dénivelé

Cette année nous avons inauguré un nouveau parcours, nous partons et arrivons à Roquefort sur Soulzon, ce qui est beaucoup mieux. Pas de bus à prendre en plein milieu de la nuit.

Le départ a lieu à 6h30 du matin en ce début décembre, et il neige.

le départ de l’Hivernale des Templiers sous la neige

Alors évidemment on ne s’inscrit pas à une course au mois de décembre en se disant qu’il va faire beau et chaud. Et voir cette neige tomber est plutôt féérique, mais on se dit que le terrain ne va pas être facile, et on n’a pas été déçus. De la neige, du froid, du vent, beaucoup de vent, de la boue on a tout eu, mais dans des paysages à couper le souffle, et franchement, j’ai adoré.

des paysages féériques

Courir la nuit dans ce genre de paysages, on ne peut pas ne pas aimer je pense. Et quand on court on n’a pas froid. On est dans l’Aveyron, ce ne sont pas les Alpes, les montées ne sont pas trop raides, ni trop longues. Il y en a 6 en tout, pour un total de 2500 mètres, la plus longue ne doit pas excéder 400 mètres de D+. Et on attaque d’emblée la première. Je me rends compte très vite que je suis pile poile dans mes temps de 2018 et même si le parcours n’est pas le même c’est plutôt rassurant, car j’avais fait une bonne course.

La première descente très glissante arrive vite, et là il n’y a pas beaucoup de solutions, il faut s’accrocher à toutes les branches autour, avoir des gants est indispensable. Mais elle est très courte, quelques glissades mais pas de chutes.

On arrive assez rapidement au ravito des 18 kms. Les ravitaillements de cette course sont topissimes, on est quand même au pays du roquefort 🙂

Je sais que je vais avoir beaucoup de mal à manger et à boire durant la course, alors je mise tout sur les ravitaillements, il faut que je boive et que je mange correctement. Je ne vais pas faire des miracles, mais j’arrive quand même à manger du fromage, un bout de banane, du pain d’épices tartiné de roquefort et un truc sucré. C’est pas énorme, mais je ne peux pas faire mieux. Et je bois un verre de soupe, un verre de coca et un verre de Saint Yorre, là encore, c’est minimaliste mais je me contente de ce qui passe, et il est rare que j’arrive à manger autant durant une course.

Malheureusement durant la course en dehors de ces pauses ravitaillement, je vais avoir du mal à boire, l’eau des flasques est gelée, j’ai peur que mon estomac ne résiste pas à ce traitement.

On attaque ensuite la 3ème côte qui est suivie d’un plateau, à la louche 4 à 5 kms de plat, tantôt montant tantôt descendant. Ces kilomètres là peuvent vite s’avérer compliqués, il faut absolument courir sous peine de perdre beaucoup de temps, et là ce ne sont que des champs de boue.

Après une descente bien glissante on arrive au ravito du 30ème, celui-là est important parce que s’en suivent 23 kms sans ravitaillement, ce qui va être très long. 3 ravitos, 10 mn d’arrêt chaque fois.

Il fait très froid, je cours en corsaire avec un tee shirt à manches longues et ma goretex. Quand je cours, ça me suffit, je préfère courir quand il fait froid. Je n’aime pas et supporte très mal la chaleur. Je n’ai jamais eu froid durant la course.

Entre le 30 et le 53ème kilomètre, il y a un inteeeeeeerminable plateau tout boueux, je dirais 13 kilomètres de plat montant descendant, 13 kilomètres de course dans la boue. Ça va me fracasser. J’avais réussi à m’alimenter tant bien que mal jusqu’à présent, mais là j’arrive au point habituel où plus rien ne passe. Vers le kilomètre 48 je ne suis pas loin de l’arrêt total, plus d’énergie, plus rien. J’essaie de me motiver comme je peux et j’arrive enfin au dernier ravitaillement, au 53ème kilomètre. La clé d’une course réussie c’est l’alimentation et l’hydratation.

Le seul inconvénient du froid, c’est quand il faut repartir après un petit arrêt. Le 1er, ça passe, le 2ème c’est déjà un peu plus dur, mais le 3ème, quel cauchemar ! sortir de la tente est un pur calvaire. Je tremble tellement que je n’arrive pas à remettre mes gants, je suis frigorifiée, il faut vite se remettre à courir pour se réchauffer.

Je suis physiquement plutôt en forme, je n’ai mal nulle part, et je me souvenais parfaitement de la dernière partie de la course. Une montée coupée en deux par une route, suivie de la descente jusqu’au village. Il y a eu quelques petits changements, mais globalement j’ai reconnu le parcours.

Et la fin de la course se passe bien, je ne rallumerai pas la frontale, c’était mon challenge 🙂

Je retrouve Brice dans le gymnase de Roquefort, il est arrivé une demi-heure plus tôt après une très belle course. Une première place catégorie pour moi, la sensation d’avoir été en forme quasi du début à la fin, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, je suis contente.

Les chaussures ont morflé, elles vont être difficiles à nettoyer….

L’Hivernale des Templiers, 66 kms de neige et de boue

La Maxi Race D’Annecy

Quasiment deux mois après le fiasco de l’UTMB et mon séjour à l’hôpital, nous voilà embarqués avec mon mari et mon fils dans la Maxi Race, 82 kms et 5000 mètres de dénivelé.

Je me suis un peu inscrite sur un coup de tête, physiquement je pense avoir récupéré depuis deux mois, mais psychologiquement la perspective de passer une nuit dehors à courir ne m’enthousiasme pas. Mon UTMB a été tellement cauchemardesque que je ne peux pas partir en me disant que tout va bien se passer.

Physiquement, mis à part ma main gauche toujours pas en état de fonctionner normalement, et ma tendinite qui ne me lâche pas depuis quelques mois, tout allait plutôt bien. Alors pourquoi pas.

Le départ a lieu à minuit sur la plage d’Albigny et s’étale par vague, minuit c’est pour les meilleurs. Notre fils Julien part en vague 2 et nous 5.

Maxi Race – départ

D’Annecy au Semnoz, 17,5 kms, 1360 mètres D+

Dès les premiers kilomètres au bord du lac, mon tendon me fait souffrir, la douleur s’étend dans tout le mollet. Je réfléchis, je me laisse les 3 ou 4 kilomètres jusqu’à la montée du Semnoz pour décider si je continue ou si j’arrête. Arrêter un ultra 3 kms après le départ serait une grande première, mais 2021 sera une année à oublier pour moi, alors je me dis que c’est dans la juste continuité des choses. Je ne pars réellement pas avec un mental gagnant… Nous ne sommes pas gênés par les coureurs autour du lac, il y a de la place pour tout le monde. Le parcours est plutôt bien fait, la course peut s’étirer avant la montée.

Au bout de quelques kilomètres on attaque la montée au Semnoz, je décide de poursuivre jusqu’en haut. La montée est longue, il y a quand même 1300 mètres de dénivelé. Elle est plutôt régulière, pas technique, on peut même courir par endroit. Les chemins sont plutôt larges. Si le combo mollet/tendon tient jusqu’en haut alors il tiendra jusqu’au bout.

J’ai fait le choix de partir en short et en tee shirt. Ce choix, assez audacieux, me paraissait le meilleur pour la journée de samedi. La nuit en revanche a été très très froide…. et la journée du samedi pluvieuse.

Arrivée au sommet du Semnoz, le vent est glacial, il doit être 3 ou 4 heures du matin, ça souffle fort je n’ai jamais eu aussi froid. Le ravitaillement est couvert, heureusement, il y a de la place. Je m’alimente rapidement, une soupe chaude, du jambon et du fromage, je mets ma goretex et des gants et je repars. Je claque des dents, je me dis que je dois avoir les genoux qui s’entrechoquent, le short par zéro degré c’est un concept. Cela a au moins eu le mérite de me faire accélérer.

Du Semnoz à Doussard, 26,5 kms, 1120 mètres D+

On a 26 kms à faire sans ravito solide. Le début de la descente vers Saint Eustache est sans difficulté, il faut juste faire attention parce qu’il fait nuit. La dernière descente vers Les Maisons en revanche est compliquée. Très technique, glissante, depuis quelques temps il pleut. Terriblement cassante, elle demande une vigilance permanente et l’aide des bâtons !

Le petit bonus arrive vite après, 5 kms de route avant d’arriver à Doussard. 5kms de route durant lesquels on voit un petit point au loin, très loin, la tente du ravito. C’est à ce moment là qu’il faut courir, parce qu’en marchant il faut plus d’une heure pour franchir la distance. Heureusement il fait frais alors je cours, beaucoup de gens marchent. Courir 5 kms à priori ça va, mais courir 5 kms sur du plat après avoir fait 45 kms et s’être massacré les quadris dans une descente difficile, c’est un peu plus compliqué 🙂

Le ravito de Doussard est enfin là. 50 kms c’est toujours le moment où plus rien ne passe, ni solide, ni liquide, je me force à manger, tout me dégoute, alors je reste sur le jambon et le fromage. Je recharge en eau et je repars toujours en short et en tee shirt sous la pluie. Je regarde, amusée, tous les coureurs autour de moi, emmitouflés dans leur collant, leur veste à capuche, avec leur gants, leur bonnet, et je me dis que l’automne est la saison où je ne suis jamais habillée comme tout le monde 🙂

De Doussard jusqu’à Villard Dessus, 22,5 kms, 1660 mètres D+ (Plus un bonus de 5 kms)

Il doit être environ 9h30 du matin, il fait froid, il pleut, et on se dirige vers la montée du Col de la Forclaz. C’est le côté du lac que je connais le mieux, c’est aussi le côté du lac où on va avoir les plus jolies vues. Mais c’est aussi la moitié de la course la plus difficile.

J’ai bien aimé la montée au Col. Elle est assez régulière, ça grimpe bien sûr, 1400 mètres en 15 kms jusqu’au col des Nantets, mais je connais ce coin, et j’adore ce type de paysage. Je grimpe encore à peu près normalement sans avoir besoin de faire de pauses, mais je suis fatiguée, je subis la course depuis Doussard.

Arrivée au Col de la Forclaz on emprunte le chemin de randonnée des 7 fontaines, j’adore ce chemin, on le fait dès qu’on est en vacances à Annecy, je cours sans trop de difficulté. Le mollet ne me fait plus souffrir depuis longtemps, en revanche la douleur au tendon est toujours là et dérouler le pied est de plus en plus difficile.

J’ai eu quelques mauvaises surprises, des chemins très pentus alors que ceux que je pensais emprunter étaient beaucoup plus roulants.

Je connais bien le chemin de Montmin au chalet de l’Aulp, même si on n’est pas toujours passé par des endroits connus. Il fait un froid polaire, le vent glacial souffle jusqu’au Chalet d’Aulp. Je ne me couvre pas parce que je me dis que je serai protéger du vent dès que je tournerai le dos à cette montée.

Arrivée en haut on nous dit que les conditions météo sont trop mauvaises et qu’on ne montera pas tout en haut. En échange on nous offre 4 kms en plus. Sur le moment je suis contente, ça ne durera pas.

Parce que c’est la plus grosse arnaque de la course. Au lieu de 82 kms prévus ma montre affichera 89,5. Il y a peut-être eu un léger bug de ma montre, mais en tout cas on a fait de façon certaine 5 kms en plus. Et surtout, on a fait les 5000 mètres de dénivelé prévu, pas de rab sur le dénivelé donc. Pas grave, mais une mauvaise surprise quand même.

Les kilomètres qu’on nous a généreusement rajoutés, ne sont pas des kilomètres cadeau, la descente fait mal, très mal et elle est longue, très longue. Et arrivent les fameux 4 kms bonus, 5 en fait de plat, voire faux plat montant ou descendant, durant lesquels il vaut mieux ne pas s’éterniser sous peine de passer des heures dans ce secteur. Et c’est reparti pour 5 kms de course sur le plat…. c’est long 5 kms…..

C’est à ce moment là que j’entends dernière moi une voix masculine qui me dit « je peux vous doubler ou pas ? parce qu’avec les femmes aujourd’hui on ne sait plus quoi faire ».

Le jeune qui court à côté de moi me regarde interloqué, il se demande sans doute comment je vais réagir. Si j’avais été près du fossé j’aurais peut-être été tentée de faire basculer le comique du jour dans les fourrés, mais là je suis trop loin !

Le comique en question n’a pas dû être trop gêné par les femmes, nous n’étions que 57 à prendre le départ, sans doute pas plus de 45 à l’arrivée sur 900 coureurs, c’est bon, gros macho, t’avais de la place 🙂 J’avoue je suis un peu méchante là, je pense qu’il a juste voulu faire un petit trait d’humour 56ème degré, mais à ce moment de la course je suis assez peu réceptive !

Je ferme cette petite parenthèse en précisant que cela fait des années que je cours et je n’ai jamais eu le moindre problème à courir avec des hommes. Jamais la moindre remarque sexiste, jamais le moindre comportement déplacé, rien, absolument rien à signaler. Que du positif, des attentions gentilles, de l’entraide pour passer les portions difficiles, un reste de galanterie fort appréciable. On se laisse passer mutuellement quand on court plus vite que le coureur devant. Je cours avec mon mari et mon fils qui n’ont jamais eu le moindre problème à se faire doubler par une femme. Je rajouterai même que sur les ultras nous sommes tellement peu de femmes, que nous sommes toujours 2 fois plus applaudies que les hommes 🙂

Nous arrivons enfin à Planfait, l’air de décollage des parapentes, on doit être à peu près au kms 60, des personnes très sympathiques ont installé un bidon d’eau sur le parcours, je recharge rapidement et je descends vers Villars Dessus, la 3ème base de vie.

Il faut noter qu’il n’y a que 3 ravitos sur cette course, c’est extrêmement peu.

Arrivée à Villard Dessus, je suis exténuée. Il reste 16 kms. Ca va être compliqué, très compliqué. Un gars à côté de moi a dû voir mon air dépité, parce qu’il me dit « interdiction d’abandonner Villard Dessus ok ? c’est la fin maintenant ! »

Je ne pensais pas à l’abandon, je pensais juste qu’il allait me falloir des heures et des tonnes de courage pour boucler les 18 kms.

De Villard Dessus à Annecy, 16 kms, 820 mètres D+

Je repars, et la pluie redouble. Alors 500 mètres après le départ je me décide enfin à ressortir la goretex que j’avais rangé en boule dans mon sac en bas de la descente du Semnoz.

Les paysages sont magnifiques, les couleurs sublimes. Ça me redonne du courage.

Quelques kilomètres plus loin, surprise ! Corinne, Natalia et mon fils Julien m’attendent ! Ce qui veut dire que Julien a fini sa course !!! 4h avant moi 🙂

Autant dire que pour son premier ultra il a fait une course STRATOSPHERIQUE ! Je ne suis pas surprise, j’apprends que Brice mon mari est en train de monter la côte que je m’apprête à grimper, ça me rebooste. Mes 3 dernières courses ont été tellement pourries que je pensais qu’il était beaucoup plus loin devant. Je me dis que finalement je ne suis pas en train de faire une course si nulle que ça.

Mont Veyrier

Mais même reboostée, la dernière montée va être un chemin de croix. Il reste environ 16 kilomètres, 16 kilomètres interminables. Je ne suis clairement pas assez entrainée. Les côtes se succèdent, à chaque fois on pense que c’est la dernière mais il y en a encore une. Dans la forêt du Mont Veyrier qui longe Annecy je suis limite de m’assoir et pleurer. On s’approche du lac je me dis c’est enfin la fin, je veux y croire, mais non, on remonte.

Il a fallu ressortir la frontale, il commence à faire nuit, j’avais espéré une arrivée vers 19h.

Pour la première fois de ma vie, je vais être agressive avec une bénévole. Une nana super gentille qui passe sa nuit à aiguiller les coureurs dans le noir et la pluie. Elle me dit « allez c’est la dernière, après c’est Annecy » sauf que ça fait déjà 10 fois qu’on me dit « c’est la dernière », alors je la regarde et pas du tout gentiment je lui réponds « c’est dingue mais là j’y crois plus du tout, ça fait juste 10 fois qu’on me dit que c’est la dernière ».

Quelques mètres plus loin je m’en veux terriblement, j’ai envie de faire demi tour pour m’excuser, mais même 50 mètres de plus c’est plus que je ne peux en supporter, alors j’entre dans Annecy, je passe la passerelle installée pour traverser la route, et je passe enfin l’arche.

En résumé, une première moitié facile, une deuxième difficile avec beaucoup de portions où il faut courir sur du plat (généralement en trail on court dans les descentes), et des descentes très cassantes, de la pluie toute la journée mais ça ne m’a pas dérangée, des paysages splendides aux couleurs automnales flamboyantes. Des gens tellement gentils tout le long du parcours, un manque d’entrainement certain qui a fait que j’ai beaucoup souffert par endroit, très peu de ravitos où se poser, mais l’immense satisfaction quand même d’être allée au bout.