Le gluten, un peu mais pas trop

Depuis plusieurs années, j’ai des douleurs à l’estomac, dont je ne me suis pas beaucoup occupée. J’ai consulté plusieurs fois des médecins, je me suis retrouvée aux urgences 2 fois, pas de mon fait, mais envoyée par les médecins, sans que jamais mon problème ne soit résolu. Au mieux, on me répondait dépité que mon problème  était psychologique, au pire on me prescrivait une fibroscopie ou quelques médicaments.

J’ai fini par jeter l’éponge et vivre avec mes ennuis gastriques. Le problème c’est que depuis juin, ça ne passait plus. J’avais mal non stop, des crampes d’estomacs très douloureuses et beaucoup d’autres symptômes plus ou moins glamours.

Je n’en ai pas parlé dans mon compte rendu parce que ce n’est pas ce que je veux retenir de ma TDS, mais je suis partie pour ma course de 120 kms très angoissée. Je savais que mon estomac ne tiendrait pas 120 kms que au bout d’un moment -je ne pouvais qu’espérer que ce moment surviendrait le plus tard possible- je serai pliée en deux et je ne pourrai plus rien manger, et sans doute plus avancer. Le spectre de ma 1ère CCC en 2016 me hantait. Je me voyais à nouveau contrainte à l’abandon à cause de ce maudit estomac.

Bizarrement, je n’ai pas trop souffert durant les 120 kms. Mais au bout du 80ème km, impossible de continuer à m’alimenter. Plus rien ne passait, grosse très grosse angoisse, mais j’étais déterminée à ce que rien ne puisse m’empêcher de continuer. Comment gérer les 40 kms restants (10 heures de course au moins au bout de 80 kms) sans manger ? Ca m’a fait cogiter un moment.

La meilleure solution a été de remplacer l’alimentation solide par du liquide, les aliments liquides se digèrent avec beaucoup moins d’efforts pour l’organisme que les aliments solides. J’ai vidé des litres de bouillon aux vermicelles, la seule chose qui passait. J’ai bu de l’eau enrichie en isostar, j’avais pris des compotes aussi, et j’ai prié pour que ça tienne, de temps en temps je mangeais un micro bout de barre de céréales. Et ça a tenu. Jusqu’à l’arrivée.

En revanche l’après course a été un peu compliquée. Les douleurs se sont amplifiées, je n’ai quasiment rien mangé pendant 4 jours, exception d’un ou deux petits restaurants entre amis. J’ai perdu un peu (beaucoup) de poids.

J’ai donc re-consulté un médecin, fiasco total (Madame, vos douleurs sont d’ordre psychologiques, zen… surtout rester zen….résister à la tentation de l’insulter) et j’ai fait comme tout le monde, je me suis documentée sur internet, je n’aime pas faire ça, internet ce n’est pas un médecin, mais comment faire autrement ?

Et j’ai décidé d’attaquer sérieusement une alimentation avec le moins de gluten possible. J’avais déjà plus ou moins essayé, mais il faut avouer que je ne l’avais pas fait très sérieusement, et j’avais complètement arrêter pendant les vacances.

J’étais aussi sceptique j’avoue vis à vis des allergies au gluten. Déjà on mélange souvent allergie et intolérance, ce n’est pas la même chose. Ces questions de nutrition m’ont toujours intéressée, à chaque fois que je posais la question « c’est quoi les symptômes de ton allergie au gluten » à quelqu’un qui mangeait sans gluten, la réponse était toujours la même, »oh c’est assez vague », suivi d’un semblant d’explications que je n’ai jamais comprises.

Mes symptômes à moi sont très clairs, je ne vais citer que les plus… « citables » : violentes crampes d’estomac, impossibilité de digérer, l’impression d’avoir en permanence « un truc qui ne passe pas » dans l’estomac, des nausées permanentes, des gargouillis incessants, une grosse carence en fer, et quand les maux d’estomac devenaient trop violents, d’atroces migraines, qui m’ont conduite plusieurs fois à l’hôpital.

J’ai donc décidé, un peu en désespoir de cause, d’essayer de limiter au maximum le gluten dans mon alimentation. J’ai commencé il y a deux mois à mon retour de Chamonix.

Pourquoi ne pas le supprimer complètement ? Parce que je n’aime pas trop en venir à des extrémités, je veux continuer à manger normalement, profiter de tout sans me priver, ce qui n’est pas trop compatible avec une alimentation 100% sans gluten…. et surtout je n’ai aucune preuve d’une intolérance au gluten me concernant.

Concrètement le gluten c’est quoi ? Voici la définition que l’on trouve sur internet

Le gluten est une substance collante (d’où son nom apparenté à glu) présent dans la pâte fabriquée à partir de certaines céréales, notamment de blés courants. Il se forme, après la mouture des graines en farine, lors de la fabrication de la pâte par mélange avec de l’eau. Le gluten donne à la pâte une consistance plus visqueuse et modelable (plastique). Le gluten proprement dit n’est pas présent dans les céréales, ce sont leurs protéines qui forment, en présence d’eau, un réseau viscoélastique qui est le gluten. Pour qu’il apparaisse dans la pâte, certains types de protéines doivent être présents, que par association d’idée (métonymie) on nomme aussi couramment gluten.

L’intolérance au gluten est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin grêle, le petit intestin, que les médecins appellent « maladie cœliaque ». C’est une maladie différente de l’allergie. Elle est provoquée par une réaction, à une protéine que l’on retrouve fréquemment dans l’alimentation : la « gliadine ». La gliadine est un composant du « gluten », un dérivé des céréales.
Les personnes intolérantes au gluten déclenchent une réaction inflammatoire de la paroi de leur intestin à chaque fois qu’elles mangent des aliments en contenant.

Pourquoi cette maladie se développe t elle tellement aujourd’hui ?

Parce que avant, du temps de nos arrières arrières grands parents, le blé était presque toujours mélangé à d’autres céréales,  Le pain que mangeaient nos grand-parents ne ressemblait pas du tout au nôtre.

Mais aujourd’hui on veut du pain moelleux et croustillant, on a donc modifié la farine de blé, et qu’est ce qui assure le moelleux et la légèreté de la farine pour faire gonfler le pain ? le gluten.

 

 

 

 

 

Supprimer le gluten, c’est supprimer la farine de blé, donc supprimer le pain, les gâteaux industriels apéritifs ou sucrés, les pâtes, la semoule, les pizzas, tout ce qui contient de la farine de blé.

Ça demande un minimum d’organisation et d’adaptation, d’où le fait que j’ai déjà échoué.

Le plus difficile pour moi c’est le pain, j’adore le pain. Je n’en mange quasiment plus durant les repas, un peu de temps en temps mais en quantité très limité.

Comment supprimer la farine de blé ?

  • En la remplaçant par la farine de sarrasin, de riz, de pois chiche, de châtaigne ou de mais.
  • En supprimant les produits transformés tout préparé
  • En remplaçant la semoule par du quinoa
  • Pour les gâteaux c’est un peu compliqué, la farine de riz est très friable, difficile de faire une pâte à tarte avec, pareil pour la farine de mais. La farine de mais ne monte pas, donc les gâteaux sont un peu raplapla, (pour rappel c’est le gluten qui fait gonfler la pâte), au fur et à mesure j’arrive à trouver des solutions.
  • En remplaçant les pâtes par du riz, exception faite des lasagnes c’est possible tout le temps.
  • En supprimant le pain traditionnel et on le remplaçant par du pain au mais, franchement c’est délicieux.

Je n’impose pas le « régime » sans gluten à ma famille, les filles ont droit à leurs cookies à la farine de blé, à leurs crumble croustillants ! Après tout j’en ai mangé pendant 50 ans. Je continue à acheter du pain pour le reste de la famille, et quand eux mangent des pâtes, je mange du riz. Mais petit à petit j’essaie de supprimer discrètement la farine de blé des gâteaux destinés aux enfants. Pour la première fois, ma fille a trouvé délicieuses mes gaufres totalement gluten free ! Une victoire pour moi !

Le matin je ne mange plus de pain, à la place je mange généralement un yaourt accompagné de fruits frais et secs, et un pancake aux fruits. Très peu de sucre (seulement celui des fruits), des protéines et pas de gluten. Finis les coups de pompe de 11 h, je tiens largement sans avoir faim de 6h du matin à 13h.

 

 

 

 

 

 

 

J’ai dépassé le stade où cuisiner sans gluten me demandait un effort. Il fallait alors que je réfléchisse longtemps avant de préparer un repas. Ca devient vite un automatisme.

Au bout de quasiment 2 mois,  je peux parler d’une véritable renaissance. Je n’ai plus aucune douleur, je n’ai plus de maux de tête (ou très rarement), je n’ai pas repris le poids que j’avais perdu (avant de se lancer dans un régime compliqué, il faut essayer le régime « sans pain », un miracle !). La perte de poids n’était pas le but de ce « rééquilibrage alimentaire », mais bon je suis à l’âge où toutes les femmes prennent du poids alors je ne vais pas me plaindre !

 

 

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